Reliquaire en forme de cerf et couvercle en laque noire
Cette sculpture en bois représentant un cerf assis sur un nuage est caractéristique de l’entrelacement historique du shinto et du bouddhisme. Le cerf blanc, la selle et l’arbre sacré sakaki portant un miroir dans ses branches sont des images fortement associées à Takemikazuchi no Mikoto, la divinité principale du sanctuaire Kasugataisha. Pourtant, malgré cette iconographie shinto, la sculpture possède une fonction clairement bouddhique.
L’espace à l’intérieur du miroir renferme des sarira (reliques) vénérées comme les restes sacrés de Shakyamuni, le Bouddha historique. Le couvercle laqué du reliquaire présente également de nombreux motifs bouddhiques : des lotus à différents stades de floraison encerclent la base, et l’un des côtés porte une image du pic du Vautour, la montagne où Shakyamuni aurait prêché. Au verso figure le mont Mikasa, la montagne sacrée située à l’est de Kasugataisha.
Fusion de l’iconographie shinto et bouddhique
Le bouddhisme est arrivé au Japon vers le milieu du VIe siècle via la Chine et la péninsule coréenne. À cette époque, des rituels centrés sur les divinités locales (kami) étaient déjà pratiqués depuis des siècles, et le bouddhisme fut progressivement intégré aux pratiques shinto existantes. À travers ce processus d’intégration, les divinités shinto et bouddhiques en vinrent finalement à être considérées comme différentes formes d’un même être divin. Par exemple, Shakyamuni, le Bouddha historique, tout comme Kannon, le bodhisattva de la compassion, ont été vénérés en tant que manifestations bouddhiques de Takemikazuchi no Mikoto.
Ce reliquaire appartenait à un moine bouddhiste du temple voisin, le Kōfukuji, qui en fit don au sanctuaire Wakamiya en 1652. Son acte de donation reflète également la relation fusionnelle entre le shinto et le bouddhisme.